La générosité chez Aristote

La générosité chez Aristote

La générosité est une vertu-passion. C’est une vertu qui renvoie à la souveraineté. La générosité ou magnanimité se dit en grec mégalopsychè. Le magnanime est celui qui est fait pour les grandes choses et qui s’en sait digne. Ce n’est donc pas le vaniteux qui se croit à tort digne d’elles, ni le pusillanime qui se juge moins bien qu’il ne vaut. Le magnanime a une légitime haute idée de lui-même. L’homme généreux est considéré comme doté d’une prodigalité naturelle, par surabondance de vie en quelque sorte, et ce n’est pas sans raison que, dans les traités de physiognomonie, le magnanime est représenté sous les traits du lion. Cette vertu, qui n’a rien à voir avec un souci de justice et de rétablissement équitable de la distribution des biens, est tout opposée à l’humilité évangélique : « L’homme magnanime, en effet, écrit Aristote, méprise les autres, parce qu’il en a le droit (puisqu’il juge avec vérité).», Éthique à Nicomaque, IV, 8.

7- La magnanimité
« La magnanimité a rapport à de grandes choses, comme semble encore l’indiquer son nom.» : Dignité de la personne, sa fierté, le juste sentiment de son mérite.

« On pense d’ordinaire qu’est magnanime celui qui se juge lui-même digne de grandes choses, et qui en est réellement digne ».

« Ainsi, l’homme magnanime, d’une part est un extrême par la grandeur (de ce à quoi il peut prétendre), et d’autre part un moyen par la juste mesure où il se tient (puisqu’il ne se juge digne que de ce dont il est effectivement digne), alors que l’homme vain et l’homme pusillanime tombent dans l’excès ou le défaut.
Si donc l’homme magnanime est celui qui se juge lui-même digne de grandes choses et en est effectivement digne, et si l’homme le plus magnanime est celui qui se juge digne, et qui l’est, des choses les plus grandes, son principal objet ne saurait être qu’une seule et unique chose.»
→ Cette « unique chose », objet des préoccupations de l’homme magnanime, est l’honneur.
« (…) Il est manifeste que la magnanimité a rapport à l’honneur, puisque c’est surtout de l’honneur que les grands s’estiment eux-mêmes dignes, et cela en conformité avec leur mérite.»

« La magnanimité semble donc être ainsi une sorte d’ornements des vertus, car elle les fait croître et ne se rencontre pas sans elles. C’est pourquoi il est difficile d’être véritablement un homme magnanime, car cela n’est pas possible sans une vertu parfaite.»
→ La magnanimité empreinte sa grandeur à toutes les vertus.

« Celui dès lors pour qui même l’honneur est peu de chose, à celui-là aussi tout le reste demeure indifférent. C’est pourquoi de tels hommes passent d’ordinaire pour dédaigneux.»
→ Dédaigneux des biens extérieurs, même des plus grands, même de l’honneur. Seule la vertu, qui est un bien de l’âme, peut les satisfaire.

8- La magnanimité, suite

9- La magnanimité et ses contraires, suite
« Celui qui, dans ce domaine, pêche par défaut est un homme pusillanime, et celui qui tombe dans l’excès un vaniteux.»

Vincent

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