interprétation et connaissance scientifique

L’interprétation

interprétation et connaissance scientifique

– dans quelle mesure une science rigoureuse doit-elle avoir recours à la méthode interprétative ?

On a d’ordinaire coutume d’opposer la rigueur des méthodes des sciences de la nature (physique, chimie, biologie, voire, par certains aspects, la médecine) à celles des sciences de l’homme qui, à cause de la complexité de leur objet, et de l’impossibilité d’intégrer dans un système de lois et de théories rigoureuses les phénomènes qu’elles étudient, doivent renoncer au statut strict de science. On aura compris que l’historien qui veut analyser « objectivement » une révolution ou une crise économique doit intégrer des paramètres beaucoup plus nombreux que le chimiste qui a à rendre compte de la réaction chimique entre deux corps simples. Aussi, lorsque dans les sciences de la nature un phénomène est susceptible d’une double interprétation, c’est que la théorie doit être révisée, retravaillée, voire tout simplement abandonnée. À l’inverse, de grandes interprétations d’événements historiques, d’œuvres d’art, de systèmes philosophiques supportent assez bien la coexistence pacifique avec des théories antagonistes. Dilthey a essayé de légitimer cette différence de méthode entre les sciences de la nature et les sciences de l’homme en affirmant que les unes relevaient de l’explication et les autres de la compréhension.
– Compréhension / Explication : distinction proposée par Wilhelm Dilthey pour caractériser la différence de méthode entre les sciences de la nature ou sciences explicatives et les sciences de l’esprit ou sciences compréhensives (ces dernières correspondant à peu près aux sciences de l’homme). Dans les premières, expliquer consiste à rechercher des lois générales permettant de rendre raison d’un phénomène donné (par exemple, on « explique » le phénomène de la chute des corps en formulant la loi générale de la gravitation). Dans les secondes, il s’agit de comprendre dans leur spécificité des phénomènes particuliers (la révolution française, le déclenchement de la première guerre mondiale) en s’efforçant d’en dégager le sens.
→ Wilhelm Dilthey, idées concernant une psychologie descriptive et analytique (1894).
Mais faut-il s’en tenir là ? Après tout les sciences de l’homme, l’histoire, la sociologie, l’anthropologie historique, par exemple, empruntent aussi à d’autres sciences constituées des principes ou des méthodes : ainsi, que seraient l’économie sans la statistique ou le calcul des probabilités, la sociologie sans ses modèles mathématiques, l’étude des ancêtres de l’homme sans la technique de datation au carbone quatorze ?

Vincent

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