Chapitre XV : 5- Le courant idéaliste de la philosophie politique : Rousseau et la loi

Pourquoi l’obéissance à la loi n’est pas incompatible avec la liberté individuelle

Comment la liberté individuelle peut-elle s’accorder à la vie communautaire et aux contraintes qu’elle impose ? En réalité la liberté individuelle est préservée dans l’unique mesure où les lois édictées effectivement par d’autres sont semblables à celles que nous aurions nous-mêmes choisies si nous étions magistrats. La question qui s’impose alors est de savoir quelles lois peuvent faire l’unanimité et être semblables à celles que tous les hommes décideraient d’édicter s’ils avaient l’occasion d’être des magistrats. Une seule réponse s’impose : des lois justes. Ce n’est que lorsqu’on obéit à un ensemble de lois qui expriment l’universelle justice qu’on reste libre au sein d’une communauté civique. La liberté individuelle est donc compatible avec l’obéissance aux lois de la communauté à laquelle on appartient, dans l’unique mesure où ces lois ne sont ni arbitraires ni injustes. Les lois sont (voir Montesquieu) une nécessité au sein d’une communauté, mais il est clair que des lois justes sont, seules, les vraies conditions de la liberté civique. Nous voyons bien que des lois justes sont des lois souhaitables par tous, qui fondent nécessairement une égalité juridique.
Là réside une des grandes difficultés auxquelles se heurte la philosophie idéaliste et fondamentaliste de Rousseau. S’il est clair que pour être libre il faut vivre dans un État démocratique, où les citoyens vivent régis par une institution juridique la plus juste possible et à laquelle ils adhèrent librement, parce qu’ils sont eux-mêmes suffisamment adultes pour comprendre qu’il y va de leur bien propre et de celui de l’ensemble de la communauté, il reste que cette institution n’est pas aisément réalisée. C’est ce que manifeste l’image du législateur intemporel évoquait par Rousseau dans le contrat social, législateur dans l’existence idéale et irréalisable rapproche Rousseau de Platon.

 

Vincent

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